L’homme / son histoire

Saint-Simon Marc Hersant
Saint-Simon Marc Hersant

   CHRONOLOGIE ABREGÉE DE LA VIE DU DUC DE SAINT-SIMON

. 1675, 15-16 janvier, naissance à Paris, rue Taranne, de Louis de Rouvroy, vidame de Chartres, fils de Claude duc et pair de Saint-Simon et de Charlotte de L’Aubépine

. 1677, 29 juin, baptême dans la chapelle de Versailles, par le cardinal de Bouillon, le Grand aumônier de France

. 1684, mort de la duchesse de Brissac, demi-sœur de Louis qu’elle avait nommé son héritier universel. En ces années-là, il reçoit, sous le préceptorat de l’oratorien Lelevel, un enseignement d’humanités classiques : latin, rhétorique, histoire, langue allemande, équitation, escrime, maintien et danse

. 1690, Louis assiste au service funèbre de la Dauphine, belle-fille du Roi, et en rédige une relation

. 1691 octobre- avril 1702, service du Roi, d’abord dans les Mousquetaires gris. Sur le front des Pays-Bas espagnols, Louis assiste au siège de Namur, participe vaillamment à la bataille de Neerwinden comme capitaine du Royal-Roussillon, dont il rédige une relation, se fait transférer en Allemagne où il est fait mestre de camp (ou colonel). Dès cette période, commence à écrire des Mémoires. Quitte le service.

. 1693 janvier, mort du duc Claude. Louis lui succède comme duc et pair, gouverneur de Blaye, de Senlis et autres lieux

. 1695, 8 avril, mariage avec Marie Gabrielle, fille du maréchal duc de Lorges (supérieur de Louis à l’armée), petite-nièce de feu Turenne. En mai, Lauzun épouse Geneviève, l’autre fille. Naquirent de cette union Charlotte (1696), Jacques Louis (1698), Armand Jean (1699)

. 1699, 29 mars, lettre de Louis à l’abbé de Rancé à La Trappe pour lui soumettre des extraits de Mémoires (procès Luxembourg et autres textes) et lui demander son avis sur le projet général. Rancé meurt l’année suivante

. 1701-1702, Portrait au naturel de la cour dEspagne

. 1704, avril Louis opéré au bras d’un abcès par son ami Georges Mareschal, Premier chirurgien du Roi

. 1705, août, Saint-Simon à Rouen où il gagne un procès contre son beau-frère Brissac

. 1706, février, il est fortement question pour Louis d’une ambassade à Rome

. 1707, avril, Mme de Lussan attaque Louis en procès, le perd. Il en sort brouillé avec le couple des Bourbon

. 1708, juillet, petit voyage sur les bords de la Loire, octobre, Louis parie contre Cany que Lille sera prise par les alliés. Scandale. Ami des princes royaux Bourgogne, Orléans, mais mal vu auprès du Roi, menacé par les intrigues de l’entourage du Dauphin à Meudon, il songe à quitter la Cour. Une coalition d’amis lui persuade de demeurer

. 1710, janvier, Louis s’ingénie à chapitrer son ami Orléans, l’incite à changer de vie et à se séparer de sa maîtresse, afin de se réconcilier avec sa famille et avec le Roi. Sur sa demande, il est reçu par le Roi et rentre dans ses bonnes grâces, juillet, Louis monte une intrigue et une cabale, afin de persuader le Roi et le Dauphin d’unir le duc de Berry (petit-fils et fils) avec Mademoiselle, fille aînée des Orléans. Succès complet, Marie Gabrielle devient dame d’honneur de la nouvelle duchesse de Berry, été, il rédige un projet de déclaration royale contre les prétentions de la maison de La Tour d’Auvergne

. 1711, août, Louis brigue en vain la charge de capitaine des Gardes du Roi. Pendant toutes ces années, il a lutté pour sa dignité de pair, a été sollicité de rédiger maint texte politique, et s’est formé aux affaires publiques, et le jésuite Tellier, confesseur du Roi, le courtise. Conseiller discret du duc de Bourgogne devenu Dauphin, mais mort en 1712, ainsi que du duc d’Orléans dans la certitude de le voir Régent à la mort de Louis XIV : un avenir politique s’entrevoit

. 1712, Mémoire succinct sur les formes des renonciations

. 1713, septembre, Vues sur lavenir de la France

. 1714, mars, le Conseil du Roi donne raison à Louis dans sa querelle de préséance avec les La Rochefoucauld, octobre, Louis quitte l’hôtel de la rue Taranne pour la rue Saint-Dominique où il devient locataire des Jacobins

. 1715, octobre, à la mort de Louis XIV, Louis entre au Conseil de Régence, préparé à un travail de ministre. Au courant des affaires générales, il travaille régulièrement avec Philippe d’Orléans, converse avec Law, est chargé de dossier divers, est souvent sollicité pour obtenir justice ou indemnités. Il fait autorité, mais ne réussit pas dans les grandes affaires diplomatiques, religieuses, fiscales. Impuissant à contrarier l’ascension de Dubois et le retour à l’absolutisme à l’automne 1718, il se maintient tout de même, ne faisant pas alliance avec les opposants au Régent.

. 1717, mars, Mémoire sur la tenue dEtats généraux, où Louis renonce à cette idée

. 1719, août, suite à la mort de la duchesse de Berry, épuisante pour Marie Gabrielle, grâce à Philippe d’Orléans les Saint-Simon vont résider dans le château neuf de Meudon, agréable villégiature, jusqu’en 1724

. 1721, octobre- 1722, avril, afin de prendre ses distances et avantager ses fils, Louis sollicite et obtient une ambassade extraordinaire à Madrid pour signer le double contrat de mariage entre France et Espagne, et aussi pour différents règlements : malgré une variole bien soignée, il est l’homme qu’il convient pour cela, et y réussit. Il y gagne l’amitié des Espagnols, reçoit Grandesse d’Espagne et collier de la Toison d’or qu’il transmet à ses fils. A son retour, il quitte le Conseil par solidarité avec les ducs, les maréchaux et le Chancelier d’Aguesseau qu’il va visiter à Fresnes en Brie.

. 1722-1723-1725, Tableau de la Cour dEspagne fait à la fin de 1721

. 1722, juin, mariages à Meudon, de Charlotte avec le prince de Chimay,  ainsi que de Marie Elisabeth de Saint-Simon, cousine de la branche aînée, avec le comte de Laval, futur maréchal de France, octobre, Mémoire sur les prérogatives que les ducs ont perdues. Considérations sur lOrdre du Saint-Esprit. Louis ne combattra plus pour la cause des pairs de France, en général, tout au moins

. 1723-1724, Etat des cardinaux

. 1723, Louis doit rendre son brevet des grandes entrées. Le cardinal Dubois disparaît de ce monde en août, Lauzun en novembre, Philippe d’Orléans en décembre. Louis s’est déjà retiré, qui va subir les événements contrariants de la cour d’Espagne, le renvoi de la petite Reine Infante et le gouvernement du duc de Bourbon (Monsieur le Duc) qui ne l’honore pas de l’Ordre du Saint-Esprit

. 1725, Abrégé de tous les ducs existants en 1725, octobre, mort de Charlotte duchesse douairière de Saint-Simon

. 1727, mars, mariage de Jacques Louis l’aîné, duc de Ruffec, avec la veuve du prince de Bournonville. Louis obligé de se réconcilier avec le duc de Noailles

. 1728, février, Louis nommé chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit, mai, naissance chez les Ruffec, de Marie Christine Chrétienne

. 1729, le duc de Luynes (à la fois petit-fils du duc de Chevreuse et du marquis de Dangeau) prête à Louis le manuscrit du Journal de Dangeau. Ce dernier commence à rédiger les nombreuses Additions jusque vers 1739. De même, rédige-t-il de nombreux textes de recherche historique : le massif des Notes sur les duchés-pairies, pairs ecclésiastiques, officiers de la Couronne, Grandes Charges, Cour de Rome, Cardinaux français nommés par Louis XIV, travaux divers sur l’Ordre du Saint-Esprit, etc.

. 1731, entretien avec les Augustins de la place des Victoires pour la continuation des travaux généalogiques du P. Anselme, Claude de Saint-Simon, (cousin de la branche aîné) abbé de Jumièges, devient évêque-comte de Noyon. Son frère Claude fait déjà carrière dans l’ordre de Malte, qui fut à charge pour Louis, chef de la famille. Aussi distingue-t-on les deux Claude en les surnommant respectivement le Bon et le Méchant

. 1733, Louis offre un ornement d’autel à l’église de Boissy-lès-Perche près de La Ferté-Vidame, Claude de Saint-Simon (le bon), prince évêque de Metz

. 1734, février, Armand Jean le fils cadet épouse la veuve du président de Maison, née Bauyn d’Angivillier, lettre à Mme Mol pour défendre la mémoire de l’abbé Duguet , août, l’ancien président de Montesquieu séjourne à La Ferté-Vidame. Il y revient l’année suivante

. 1735, Maisons dAlbret, dArmagnac et de Châtillon. Dans le Préambule Louis décrit (admirablement) un état de dépression qui pourrait bien le concerner

. 1739, Note La Rochefoucauld interrompue, début de rédaction des Mémoires , novembre, lettre au cardinal Fleury Premier ministre, sur la misère du royaume

. 1740, février, mort du prince de Chimay le gendre, mort de la duchesse de Lauzun la belle-sœur

. 1741, voyage des Saint-Simon à Metz où ils séjournent au château de Frescati, puis à Lunéville (ou Nancy) pour visiter le roi Stanislas duc de Lorraine et beau-père du roi Louis XV

. 1743, mort de Marie Gabrielle duchesse de Saint-Simon, épouse de Louis, inhumée à La Ferté-Vidame. Dépression de Louis, interruption des Mémoires, puis rédaction de Sil faut écrire lhistoire

. 1745,  Louis prend connaissance des extraits de correspondance diplomatique provenant du cabinet de l’ancien ministre Torcy, et les insérera dans la partie 1715-1718 des Mémoires

. 1746, mai, Parallèle des trois premiers rois Bourbon dont la rédaction suspend celle des Mémoires, juillet, mort du fils aîné, Jacques Louis duc de Ruffec. Son frère cadet Armand Jean marquis de Ruffec lui succède à la pairie, octobre, emménagement de Louis avec Charlotte sa fille, rue du Cherche-Midi, locataire des bénédictines du Saint-Sacrement

. 1749, achèvement de la rédaction des Mémoires, lesquels vont être mis au net, relus, annotés et pourvus de Tables, mariage de Marie Christine Chrétienne la fille de Jacques Louis avec le comte de Valentinois de la famille des Grimaldi. Le couple résidera rue de Varenne à l’hôtel de Matignon

. 1750, Louis et Charlotte emménagent rue de Grenelle à l’hôtel de l’abbé de Maillebois, fils de feu Desmarets

. 1754, mort d’Armand Jean deuxième duc de Ruffec, juin, rédaction du testament définitif de Louis, où il demande qu’on enchaîne solidement le cercueil de son épouse au sien, et qu’on ouvre son corps du front jusqu’à la poitrine pour connaître les causes de ses étouffements fréquents, et en faire part au public

. 1755, mort de Louis de Rouvroy duc de Saint-Simon, avec service funèbre à Saint-Sulpice sa paroisse et inhumation à La Ferté-Vidame. Extinction de la duché-pairie de Saint-Simon, la grandesse d’Espagne passe à la comtesse de Valentinois la petite-fille. D’Aguesseau de Fresnes, fils du défunt chancelier, est l’exécuteur testamentaire, avril, vente de la bibliothèque. Mme de Valentinois se débarrassera de La Ferté-Vidame et de Ruffec, châteaux qui disparaîtront

. 1760, février, mort de Claude évêque de Metz, légataire universel, sur la probable demande de la maréchale de Montmorency Laval et de la comtesse de Valentinois, le ministre Choiseul fait sceller les papiers du défunt duc de Saint-Simon, et déposer au ministère des Affaires étrangères où ils se trouvent encore

C’est le début des copies complètes ou partielles des Mémoires, diffusées à l’intention d’une élite curieuse et bientôt passionnée

                                                                                                                                  Philippe HOURCADE